4 sept. 2013

"Le suicide résout l'absurde"

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Fait d'actu : le suicide d'un enseignant marseillais la veille de la rentrée, celui-ci laissant une lettre fustigeant l'Education Nationale et l'évolution du métier d'enseignant en France.

Je ne jugerai pas l'acte de cet homme. Simplement, il me rappelle la thèse défendue par Albert Camus, dans L'homme révolté je crois, qui présentait le suicide comme un acte logique dans un monde devenu absurde. Selon lui "le suicide résout l'absurde" et l'homme révolté est justement celui qui choisit de vivre en puisant son énergie de l'absurdité du monde.

Souvenons-nous des nombreux suicides ayant eut lieu chez Renault, La Poste ou chez Orange. A chaque fois, certains des suicidés avaient pointé la perte de sens dans leur métier (due à la rationalisation accrue de leurs fonctions) et la perte de foi dans l'évolution de la société. C'est également le cas chez cet enseignant marseillais.

Un monde absurde, voici peut-être ce que nous laisse à penser notre technosociété. Ce monde apparaît absurde pour qui cherche encore à le comprendre. Pourtant il semble tourner bien rond tant la technique y est omniprésente (sauf peut-être dans certaines caboches récalcitrantes). Je pose cette question : ces hommes n'ont-ils pas cherché à disparaître se sentant inadaptés à une société devenue inhumaine ? -nan, je ne suis toujours pas partisant du darwinisme social. Ces gens inadaptés car refusant d'être des machines, des objets techniques, qu'ont-ils comme alternative pour rester des hommes libres et dignes ?
Alors quoi, qui est absurde et qui est logique ? J'ai envie de contredire A. Camus sur ce point : son homme révolté ne serait-il pas au contraire un homme résigné, ayant décidé de finalement s'adapter à la société et d'être enfin l'homme que celle-ci recherche ? A discuter.

Pouah ! peste soit de la philosophie, cette dernière goutte d'humanité qu'il nous reste (pas à tous je vous l'accorde...) !  Et vivement que la technique lui torde le cou à elle aussi histoire qu'on puisse enfin demeurer en bons abrutis bien vivants !

C'était ma crise de la rentrée. Poil au nez.

GF
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