8 janv. 2013

Le « mariage pour tous » : vers un monde inhumain ?

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Le débat actuel en France sur le mariage entre personnes de même sexe, repeint à la sauce marketing en « mariage pour tous », me semble symptomatique de la mutation profonde que connait notre société : le besoin d'adapter l'être humain à la société technique. Et oui, le mariage homosexuel peut aussi être vu sous l'angle science et société. :o)

Première chose, pour bien comprendre mon propos il est important de poser un contexte :

24 nov. 2012

La science peut-elle réenchanter le monde ? (2)

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Alors comme ça, selon Max Weber, la science moderne est responsable du « désenchantement du monde ». Ceci est pour lui un réel préjudice pour la société humaine.
Suite au billet précédent, nous nous posons ces questions : est-il raisonnable pour un scientifique de chercher à tout expliquer ? Le rôle de la médiation scientifique est-il de tout expliquer, bêtement ? En corollaire, y a-t-il une place pour la pensée mystique lorsqu'on parle de science ?
De fait, entre les « molécule miracle », les « exploit fabuleux » et les « avancée prodigieuses » que vous avez tous déjà entendus, la communication scientifique frise par moment le marketing de mauvais goût, voire la publicité mensongère. Et tout le monde est coupable : journalistes, chercheurs, communicants, médiateurs, politiques.
Les médias, festivals et expositions nous vantent le plus souvent une science qui veut raconter le monde en se substituant aux grands récits religieux. Si bien que même l'histoire des sciences se résume à une suite d'hagiographies édulcorées. Pour exemple, un film comme « la fabuleuse histoire de la science » (BBC, ARTE) résonne comme la « vraie Histoire » du monde moderne. Mais qu'y a-t-il de fabuleux dans la science ? Et quelle est la morale de cette histoire, « quand l'homme cherche l'homme trouve » ? ça fait un peu positiviste tout de même, et c'est justement ce que ne veulent plus entendre nos oreilles !
Finalement, on cherche à enchanter les sciences pour que celles-ci aient bonne presse. Mais ce qu'il est question de réenchanter ici, c'est le monde et non la science !
réenchantement du monde

26 sept. 2012

"Chi va piano va lontano", encore faut-il savoir où l'on va

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J'ai assisté ce mardi 25 sept au colloque Communication Publique qui s'est tenu à l'Institut Pasteur : "Communiquer la science via Internet".

Comme d'habitude dans ce genre de rencontre : beaucoup de questions ont été soulevées, mais bien peu de réponses ou d'actions claires ont émergé. A la rigueur cette journée a pu faire naître chez certains l'envie d'en savoir plus sur les média sociaux et les communautés en ligne.

Je retiens toutefois quelques points très positifs :

Une phrase de mon ami Nicolas Loubet narrant une expérience de live-tweet avec Umaps communication : "Les journalistes ne publiaient plus, ils discutaient... Et ça change tout !". Et oui Nico, ça change tout. c'est exactement le message qu'il fallait faire passer lors de cette journée.

Guillaume Cochard en réaction à une personne "prise de vertige" devant la potentialité du web : "la présence sur les média sociaux peut-être considérée comme une journée portes ouvertes permanente". Ceci demandant une implication de chaque instant de l'ensemble des personnels de l'institution, mais aussi une politique de transparence sans faille vis-à-vis du public.

En fin de journée, c'est Henri Verdier qui martèle : "Nous vivons un changement de civilisation", manifestement excédé par la mollesse des politiques publiques en terme de développement numérique.
"Nous arrivons avec des messages dans un monde qui justement ne supporte plus les messages". Là est tout le problème de l'utilisation des médias sociaux : non pas diffuser mais échanger, créer et entretenir une relation de confiance - le cadre indispensable à toute communication !

Egalement, François Taddei nous avertit sur notre inertie quant aux médias sociaux qui est également préjudiciable pour nos bambins. Il insiste sur
la nécessité de préparer les enfants à vivre dans un monde en mouvement, il pointe alors l'importance de la culture et de l'esprit critique dans notre capacité à rester des citoyens libres.

19 sept. 2012

La science peut-elle réenchanter le monde ? (1)

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Est-il raisonnable de vouloir tout démontrer au nom de la vérité scientifique, au risque de banaliser le quotidien ?
La médiation scientifique a-t-elle pour mission de tout expliquer, bêtement ?
Y a-t-il une place pour la pensée mystique dans la médiation scientifique ?
Telles sont les questions qui m'intéressent aujourd'hui.

Petit rappel historique :
Dès le 18e siècle, des mouvements anti-science ont accompagné le développement technique. On observe que ces mouvements viennent presque toujours d'une contestation conservatrice, d'un ordre traditionnel.
Max Weber, lui, ne s'oppose pas au développement technique, mais au positivisme qui érige une science idole qui doit guider l'homme vers un monde idéal. Vers 1910, dans une thèse devenue célèbre, il argumente « le désenchantement du monde » par la science. Surtout, il constate que (1) l'accroissement des connaissances scientifiques induit un recul du questionnement métaphysique, et que (2) le développement technique tend vers une rationalisation totale de la société. Selon lui, pensée rationnelle et plénitude ne font pas bon ménage. Veut-il indiquer que la construction d'un monde idéal passe nécessairement par l'acceptation d'une pensée magique ? il semble que oui.
Pas question ici d'une explication de texte, nous prenons Weber comme exemple illustratif de la résistance intellectuelle à un certain projet issu des Lumières de fonder la société sur la seule connaissance scientifique. Retenons juste que ce qui est critiqué avant tout, c'est la pensée rationnelle et sa finalité technique, le fait que toute l'action (y compris l'action sociale) ait pour but la rationalité.

Il est intéressant de remarquer qu'à l'époque, même si les sciences -par leur volonté de tout expliquer- désenchantent le passé et le présent, elles enchantent encore le futur en étant porteur de grands espoirs : le fameux mythe du « progrès ». Aujourd'hui il semble en être autrement.
Toutefois, une chose rassemble traditionalistes et sociologues de l'époque : le rejet de l'anarchie rationaliste devant l'unité et la cohérence des grands récits fondateurs des civilisations humaines. Cette notion est intéressante car elle pointe le fait que la science (par sa dimension technique) ne semble pas être capable de créer ces grands récits. Est-ce là un vrai point faible de la technoscience ? (Tada ! La suite après le cartoon...)


17 juil. 2012

Les J.O. à l'heure du dopage technique

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En apprenant la qualification d'Oscar Pistorius pour le 400m au Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres, me virent quelques questions.
 
Oscar Pistorius est un athlète sud-africain capable de courir 400m en 45 sec. L'originalité ici est que cet athlète est équipé de prothèses de jambe en carbone, les désormais célèbres "Flex-footh Cheetah". Ce chrono lui a permis l'an dernier de se qualifier pour les mondiaux d'athlétisme en Corée du sud. Cette année, re-belote, il est autorisé et réussit à se qualifier pour les JO et courir avec les athlètes valides (beurk, j'aime pas ce mot, en avez-vous un autre ?). Une belle promotion pour ce coureur qui peut grâce à ses performances porter haut les valeurs du sport ? Tout le monde ne le voit pas ainsi.

Qu'importent les développements sur l'avantage conféré par ces prothèses, il m'intéresse ici de mettre en lumière le problème que pose la prépondérance de la technique dans le sport. En effet, derrière la polémique publique (qui a pour vertu de nous mettre tous mal à l'aise face à la grande question du handicap), on retrouve le thème très intéressant du dopage technique : jusqu'où peut-on aller techniquement sans tricher, existe-t-il une limite à partir de laquelle la technologie devient plus importante que le pratiquant. Réflexion éthique de la place des sciences dans le sport.
Cette question est d'autant plus emblématique que l'institution "Sport" (et notamment l'athlétisme) est considéré comme le panégyrique ultime de l'effort humain : l'homme nu face à ses propres capacités physiques et mentales. Cette vision est purement idéologique, d'ailleurs je ne la partage qu'en partie.
science et sport


11 juin 2012

L'évolution a-t-elle mauvaise image ?

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Aujourd'hui, quelques lignes sur l'image scientifique la plus célèbre : « the road to Homo Sapiens », communément appelée « the March of Progress ». On y voit se succéder les différentes étapes de l'évolution humaine jusqu'à « l'homme moderne », le plus fort de tous, nous. :o)
La voici en version intégrale, suivie de sa version la plus célèbre :

évolution

évolution
Rudolf ZALLINGER dans « The early man » (célèbre ouvrage du Time-Life à visée pédagogique, 1965)

Ce visuel est devenu le symbole de la théorie de l'évolution... Et disons-le tout de suite, cette illustration est pour moi une pure foirade culturelle puisqu'elle consacre définitivement une vision erronée de la théorie darwinienne, celle qu'elle entend défendre. Faut-il donc s'en passer lorsqu'on parle d'évolution ? On en discute.

the road to homo sapiens

5 mai 2012

La 3e révolution industrielle : entre prospective et propagande (2/2)

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Pour récapituler le billet précédent : J. Rifkin considère qu'une révolution industrielle se caractérise par l'arrivée conjointe (1) d'un nouvel outil, (2) d'une nouvelle source d'énergie et (3) d'un nouveau mode de communication. Parfait, y a plus qu'à remplir les cases : pour la 3e, c'est (1) l'informatique, (2) les énergies renouvelables et (3) les réseaux sociaux.
Nous avons déjà discuté le non sens que représente l'idée même de 3e révolution industrielle, dans ce second billet nous envisageons désormais la 3e révolution industrielle comme une tromperie idéologique.

J. Rifkin, prophète en son pays

Ce qui m'interpelle en premier lieu, c'est le simplisme abrutissant de la thèse de départ : on y ressasse les poncifs autour du réchauffement climatique, de l'effondrement d'un système économique basé sur les énergies fossiles et du retour de la Technosociété occidentale comme guide salvateur. J'ai l'impression de ré-entendre l'apocalypse selon St Al Gore, pas vous ?
Autre platitude démagogique : l'utopie d'une société basée sur une énergie gratuite et accessible pour tous. J. Rifkin prône l'avènement des énergies renouvelables qui marquera une ère de "dés-urbanisation" du fait d'une décentralisation des sources d'énergies (chaque citoyen deviendrait producteur d'énergie qu'il partagera sur le web). Ne sommes nous pas dans une sorte de 'populisme énergétique' ? Les citoyens se tourneraient eux-mêmes vers les énergies renouvelables du fait de la prise de conscience collective de la question écologique. L'idée est intéressante, mais à trop imaginer le futur, J. Rifkin regarde-t-il le présent ? la tendance actuelle est plutôt à la construction de centrales à charbon... Passons.
jeremy rifkin

La 3e révolution industrielle serait donc conséquente à l'émergence d'une société altruiste et connectée. Rectification : altruiste CAR connectée, une fadaise dans l'air du temps.
J. Rifkin manipule les concepts de latéralité, de communauté cybernétique, de village global... Que penser de ce « modèle social coopératif » qui en première approximation ressemble à un amalgame grotesque récupérant les tendances réelles qui animent la génération connectée ? a-t-il seulement compris ce qu'est le web communautaire ? A première vue, je préfère considérer sa 3e révolution industrielle comme une Nième théorie à la mormoil' qui relèvent plus du 'facebookisme' que de l'analyse sociétale. Mais ceci n'engage que moi... et qu'à première vue.